On en entendait déjà parler lors de sa présentation à Cannes en mai dernier. Le nouveau Jane Campion, lauréate de la Palme d’Or 1993, retrace les deux ans de passion qui agitèrent le poète romantique anglais John Keats, et sa jeune voisine bourgeoise et fana du point de croix, Fanny Brawne, avant que la mort ne les sépare.

Si Bright Star plaît, c’est parce qu’il n’a rien d’un biopic ordinaire. En effet, la réalisatrice néo-zélandaise, qui avoue être tombée amoureuse de leur propre histoire en la lisant, dresse, au fil d’images teintées de fraîcheur et de sensualité, à l’instar des deux héros, le portrait de Keats pour qui la poésie doit se vivre et non s’apprendre, à travers les yeux curieux et amoureux de sa bien-aîmée. Celle-ci gardera d’ailleurs toute sa vie l’anneau que le jeune poète lui avait offert. Empreinte de tragédie, l’histoire de Fanny et de John se lit comme une ballade, suggérée par l’écoute berçante d’extraits d’Endymion, première oeuvre majeure du poète. Ainsi, malgré un rythme parfois lent, Bright Star séduit et émeut par son côté ode à l’amour et à la nature.
C.B.
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